La vieille lutte

Longtemps, je me suis battu
Vaillamment, sans faiblir,
Gardant ma lance bien tendue
Dans les mâchoires vieillies du pire.

Parfois gravissant un sommet,
Laissant couler ma sueur, mon sang
Gonflé d’orgueil et de fierté
Semblant pouvoir stopper le temps.

Mais la chute suivait sans surprise
Menant au bord de l’épuisement
Du gouffre, l’appel du lâcher-prise
Que je niais obstinément.

Quel autre choix ?
Pensais-je alors
Dogme inconscient, duel et froid
De la lutte ou bien de la mort.

Mais la conscience perce et trouve
Élargit l’horizon de son œil bienveillant
Et la fragilité se montre et s’ouvre
Se mue en force sereinement.

Viens l’heure de la dernière bataille
Où rien ne gagne ni ne perd
Où se dissout dans l’immense faille
Les résistances et vieux repères.

Un vent léger se lève alors
Frais et tendre, éternel
Porte avec lui l’étrange clameur
De l’être pur qui se révèle.

Serenite-D23-30

 

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