Au coin de la rue

Il ne survole pas le monde sur le dos des concepts,
il y plonge sans filet.
Il ne cherche pas le sens,
il le vit.
Sans posture, ni grands mots,
mais dans chacun de ses gestes, de ses regards.
Discrètement, sans rien attendre,
sans autre prétention
que d’être lui-même.
Il aime vraiment car il a détesté.
La conscience a su traverser en lui
l’indicible souffrance, la dureté, la laideur et la mort;
si bien qu’il peut voir maintenant la beauté partout.
Cachée à ceux qui croient la définir
du haut de leur piédestal.
Ce dont tous parlent et se vantent,
dans leurs salons bien à l’abri,
il l’incarne simplement,
là,
juste au coin de la rue.

 

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