Il se lève et emporte avec lui son intégrité, à moins que ça soit elle qui l’emmène, allez savoir. Depuis longtemps déjà il longe les voies de la solitude. Pas par choix conscient non, plutôt par nécessité, par honnêteté, guidé par ce respect de lui-même qu’il refuse de fouler au pied. Parfois, à l’abord d’un croisement, il sait qu’un autre être l’accompagnera. Quelques pas, quelques moments précieux d’échanges et de liens profonds. Jusqu’au prochain carrefour.
Il voit défiler les paysages, leur est attentif, y traverse des tempêtes où le vent et la pluie fouettent sans pitié et sans distinction, y surprend des états de grâce, de perfection telles qu’elles suffisent à le nourrir, lui rappelle la finalité de cette longue marche, longue et déterminée. Maintenant le cap, celui de la vérité profonde, il a vu s’affiner sa sensibilité jusqu’à son paroxysme, la joyeuse explosion de ce qui reste de certitudes illusoires, la conscience d’être à la fois le marcheur, la tempête et cet autre qui nous révèle. L’ensemble grandiose et chaque détail. Chacun des minuscules et innombrables détails qui ont occupé son attention. Tout.

 

L'homme intègre

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