L’homme-fort

Droit comme un roc, rien ne l’ébranle.
Il avance, fier, le regard fixé sur l’horizon.
Une jeune-femme en détresse et il accourt,
lui offrant une épaule insubmersible aux larmes,
des bras aux muscles rassurants.

Il est fort, tellement fort, trop fort.

Un enfant pleure et crie, réclamant son attention.
Depuis tellement longtemps qu’il est presque découragé.
Il voudrait qu’on l’écoute, il a peur, il a mal ;
il tambourine, ne veut plus rester coincé ici
sous l’armure
de l’homme-fort.

Il voudrait lui montrer à quel point il est bon
d’être ému
d’être soi
d’être réellement aimé.

Ensemble, ils ouvriraient la porte vulnérable,
devenant perméables à la vie,
à l’amour,
à la mort.

Ils regarderaient disparaître les illusions,
brûler l’armure.
Dans la chaleur d’un feu
qui nettoie, qui transforme, qui libère.

Et dans une dernière étreinte, dans un soupir,
ils se fondraient l’un en l’autre ;
unissant leur regard
sur la puissante sensibilité du monde.

 homme-fort

 

Publicités

Une réflexion sur “L’homme-fort

Les commentaires sont fermés.